Le vin du solitaire

Je m'échappe de ce monde pour m'évader,
Et sentir ma propre vie étouffant mon coeur
Et je me sens avec le regard singulier
Noir et plongé dans un plasma qui m'écoeure;

Je délecte d'une goutte au sang modifié
Le sombre nectar que mon corps seul désire.
Se baigner de sang, sachant que c'est le dernier,
Le dernier mal, où mon coeur y trouve l'elixir.

Evacuer la douleur, d'un mal qui se meurt
pour que la beauté profonde de l'être
montre l'immaculée et féconde blancheur.

Je puiserai en ton arôme ton vif corps,
Les substances entêtantes que tu verses,
Où découle une pluie battante, ce trésor.
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# Posté le lundi 03 juillet 2006 12:49

Modifié le samedi 08 juillet 2006 17:11

l' effusion du VIN DU SOLITAIRE

Le regard singulier



baigner

Le dernier

douleur



profonde





féconde
verses

ce trésor
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# Posté le lundi 03 juillet 2006 12:22

LE VIN DU SOLITAIRE

CVII

LE VIN DU SOLITAIRE

Le regard singulier d'une femme galante
Qui se glisse vers nous comme le rayon blanc
Que la lune onduleuse envoie au lac tremblant,
Quand elle y veut baigner sa beauté nonchalante;

Le dernier sac d'écus dans les doigts d'un joueur;
Un baiser libertin de la magre Adeline;
Les sons d'une musique énervante et câline,
Semblable au cri lointain de l'humaine douleur,

Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde,
Les baumes pénétrants que ta panse féconde
Garde au coeur libéré du poëte pieux;

Tu lui verses l'espoir, la jeunesse et la vie,
-Et l'orgueil, ce trésor de toute gueuserie,
Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux!
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# Posté le lundi 03 juillet 2006 12:17

Modifié le vendredi 07 juillet 2006 08:21

extraction

extraction
Il serait lui-même dans son tableau
à la manière de ces peintres de la
Renaissance qui se réservaient toujours
une place minuscule

il serait debout, en face de la toile
presque achevée, en train précisément
de se peindre lui-même
encore une fois une image en abyme
qu'il aurait aimé continué/er à
l'infini comme si le pouvoir de sa/ses
yeux et de sa main ne connaissait
plus de limites

Il se peignait en rain de se peindre
et déjà presque tout serait en place
et l'on verrait déjà esquissé ou achevé
ds le passé ou dans le futur, le patient
Gaspard découpant ses minuscules morceaux
de bois, et le chimiste excentrique
recommencer pour la millionnième fois
ses préparations
et le vieux maître d'hôtel mort flotter comme
une ombre dans les escaliers de l'immeuble
et Battlebooth à sa table sous la lumière
sans ombre de son scialytique
et les pièces étoilées du puzzle de la quinzaine
étalées ou peut-être déjà rassemblées sur
le tapis de drap vert

Il serait debout en train de peindre et il y aurait
ds un coin de sa chambre une petite araignée
au dos gris filant sa toile scintillante
et il y aurait tt autour de lui tous les
objets familiers de son/ sa vie toute entière
pos/rassemblés sur la toile comme dans un
souvenir intime
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# Posté le vendredi 12 mai 2006 05:20

George Perec...Le cahier des charges de la Vie mode d'emploi chez CNRS EDITIONS ZULMA, collection manuscrits

La vie mode d'emploi de Perec, a été écrit entre 1969 et 1978, il fait une description précise des lieux d'un immeuble pièces par pièces en faisant des liens entres elles..On peut décrire ce livre comme sorte de puzzle, et dans ce puzzle, j'y ai retiré la manipulations des mots, que les mots sont bel et biens des combinaisons formidables que l'on peut toucher, créer et ce qui fait d'eux des vocables vivants et en mouvement.
George Perec...Le cahier des charges de la Vie mode d'emploi chez CNRS EDITIONS ZULMA, collection manuscrits
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# Posté le vendredi 12 mai 2006 05:02